Belgique, Montenegro, Allemagne... le gilet jaune traverse les frontières

Dans de nombreux pays étrangers, des manifestants descendent désormais dans la rue, un gilet jaune sur le dos. Même si leurs revendications sont très diverses.

Si le mouvement des Gilets jaunespourrait s’émousser en France, il a déjà fait des émules à l’étranger. Pratique à porter, reconnaissable de loin et bien visible, facile d’accès - elle est souvent obligatoire dans les véhicules : la chasuble est devenue un symbole de la protestation. Tour d’horizon des différents pays où on l’a revêtue et où les motifs de colère sont très divers.

Belgique

C’est l’acte 3 de la mobilisation belge. Des milliers de personnes sont attendues ce vendredi dans les rues de Bruxelles pour manifester contre la politique sociale du gouvernement et pour le pouvoir d’achat. Des préoccupations semblables à celles des Gilets jaunes français, d’où le port de la même tenue. Les précédents rassemblements, vendredi 30 novembre et samedi 8 décembre, avaient aussi conduit à des débordements et des arrestations, mais dans des proportions bien moindres que de ce côté-ci de la frontière. Même hors de France, les Gilets jaunes poursuivent décidément partout Emmanuel Macron… présent à Bruxelles depuis jeudi pour un sommet européen.

Pays-Bas

Dans un pays dont les habitants n’ont pas l’habitude de manifester, des « gele hesjes » sont mobilisés depuis la mi-novembre. Âge de la retraite trop élevé (67 ans), mutuelles trop chères… là aussi, les revendications de ces Gilets jaunes néerlandais touchent au social. Avec un succès mitigé : le samedi 8 décembre, ils n’étaient pas plus de quelques centaines dans les plus grandes villes du pays.

Allemagne

Halte au « pacte de Marrakech » ! Pour s’opposer à ce texte de l’ONU, qui fixe une série de grands principes sur l’immigration, quelques milliers d’Allemands sont descendus dans la rue samedi 1er décembre, gilet jaune sur le dos, à l’appel notamment de l’organisation d’extrême droite Pegida. Si l’opposition à ce texte a aussi fait partie des revendications en France, les Gilets jaunes allemands et français partagent surtout l’envie d’être davantage entendus. Quitte à demander le départ de la chancelière Angela Merkel ou d’Emmanuel Macron. Des cheminots allemands, en grève pour réclamer des augmentations de salaire, ont par ailleurs enfilé un gilet jaune ce lundi.


Bulgarie

Du bleu… au jaune ! En Bulgarie, le prix de l’essence est aussi à l’origine d’importantes revendications depuis le début de l’année. Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dans la capitale, Sofia, dès le dimanche 11 novembre, avec un vêtement et des drapeaux bleus. Avant que des gilets jaunes n’apparaissent dans les cortèges le dimanche suivant, soit au lendemain de l’acte 1 de la mobilisation en France. Si le carburant est un peu moins cher en Bulgarie que chez nous, le salaire minimum n’y atteint que 260 € bruts, ce qui en fait le plus faible de tous les pays européens.

Catalogne

Le combat pour l’indépendance de la Catalogne passe au jaune. Des centaines de ses partisans ont enfilé un gilet de cette couleur le week-end dernier pour bloquer des autoroutes et perturber des péages. Ces « armilles grogues » (Gilets jaunes en catalan) comptent bien récidiver le 21 décembre, jour anniversaire des élections locales convoquées par le gouvernement espagnol pour mettre fin à la tentative de sécession de la Catalogne. Avec comme mot d’ordre le blocage économique total de la région.

Monténégro

Pour demander la fin des poursuites judiciaires visant deux de leurs leaders, quelque 2000 militants prorusses ont défilé dimanche dernier dans les rues de Podgorica, la capitale de ce petit pays frontalier de la Serbie. « Nous voulons rendre ce pays meilleur comme en France, c’est pour cela que nous portons des gilets jaunes », a expliqué un leader des manifestants, malgré des revendications qui n’ont rien à voir dans les deux pays.



Israël

Après un appel sur les réseaux sociaux, quelques centaines de manifestants portant des gilets jaunes ont protesté vendredi à Tel-Aviv et Jérusalem contre l'augmentation du coût de la vie. Les Israéliens ont appris cette semaine par la presse que les prix des produits alimentaires, de l'électricité, de l'eau et des abonnements téléphoniques, mais aussi les impôts locaux, allaient augmenter en 2019, sous l'effet de l'affaiblissement du shekel, la monnaie nationale, par rapport au dollar et à l'euro. Le pays est déjà connu pour le coût élevé de la vie.

Egypte

Et si limiter la vente de gilets jaunes empêchait l’organisation de manifestations ? Le régime du maréchal Sissi, en Egypte, vient d’interdire aux commerçants de vendre la chasuble, à moins d’obtenir l’autorisation de la police locale. « Ils ont peur de la contagion après les manifestations en France », ont témoigné plusieurs vendeurs.